Pula – Sud de l'Istrie
Nous laissons Rovinj à son charme après deux jours passées au mouillage, bien tranquillement.
Notre route se poursuit vers le sud, laissant à bâbord l'archipel de Brijuni (ex résidence d'été de Tito, désormais parc national) puis la baie de Pula où nous n'avons pas envie de retrouver les
eaux crasseuses du port. La belle baie au S-E de la marina Veruda nous appelle avec ses eaux calmes et limpides. Nous trouvons un bon mouillage à l'ouvert de la première anse sud parmi quelques
bateaux déjà « installés ». 44°49'7N- 013°51'1E. Fonds du 9m. Nous y resterons trois jours.
Notre Canon Ixus refuse maintenant de faire d'autres photos que toutes noires. Nous lui feront payer sa mauvaise tête en allant lui trouver un remplaçant. Mais la chose est plus ardue qu'il n'y
paraît! En effet, nous avions déjà remarqué qu'il n'y a pas de boutique de produit « high-tech » en Istrie. Renseignements pris auprès de plusieurs sources, il faut aller dans le centre
de Pula chez Chipoteka.
Faut-il alors retourner dans la marina ACI de la ville ou bien tenter, depuis notre paisible mouillage, de trouver un moyen de transport? Nous optons pour la seconde solution et, après un peu de
recherche, nous trouvons deux bus au départ de l'église/école de Banjole, bourgade sur la colline au fond de la ria, 1500m du quai , qui mènent au centre-ville en 25mn (ligne 26 à 14:35 et 28 à
16:00).
Nous pensions trouver un hyper-marché de l'électronique. Déception, le fameux Chipoteka n'est qu'une modeste salle en sous-sol exposant quelques produits informatiques. Pour l'appareil photo, le
choix se résume à trois modèles!!! Nous optons pour un Olympus...et il ne reste que le modèle d'exposition!
Nous profitons des beaux étalages du marché de Pula pour faire le plein de vivres frais, puis re-bus (attention il n'y a que peu de départ. L'ap-midi 16:35, 18:35 et 19:35).
Nous arrivons juste à temps pour nous mettre à l'abri dans le bateau car un orage se met en marche. Heureusement pas violent, il laissera une atmosphère laiteuse, fraîche et calme pour la soirée
et la nuit.
Kvarner
Le Kvarner est l'ensemble des îles et des côtes comprises entre l'Istrie au nord, Rijeka au NE et la Dalmatie, au sud. Par calme plat mais petite houle résiduelle de sud, nous mettons le cap vers
l'île de Mali-Losinj en ce matin du 28 mai.
Petit saut de 32 milles et nous pénétrons dans le vaste « fjord » au fond duquel la ville étage ses constructions colorées sur les collines. L'ensemble n'est pas sans élégance,
confirmant les propos des guides touristiques.
Nous prenons une place sur le deuxième ponton après le brise-lame au Y/C Marina. 374 kunas ( 53 euros) la nuit. Les sanitaires sont neufs et impeccables; dommage qu'ils se transforment en piscine
car l'eau des douches envahi tout le sol!
Nous partons le lendemain matin visiter Veli Losinj (Veli = petit, Mali = grand), à trois kilomètres que nous effectuons à bord du bus reliant l'immense hôtel Punta à la ville (10 kn/pers).
Petit havre d'opérette en forme de port miniature, Veli Losinj ne faillit pas à sa réputation touristique . Vraiment très joli sous ce grand soleil qui fait chanter les chaudes couleurs de ce
petit paradis.
De retour à Mali, nous profitons de la galerie d'art
municipale « Vladimira Gordana » où nous sommes les seuls visiteurs, pour découvrir une belle collection de peintures et de sculptures italiennes et croates (entrée :10kn). Belle
ballade dans le quartier de Cikat où les fastueuses résidences du passé ont mué en hôtels. La baie du même nom est un petit joyau, mais il est interdit de venir y mouiller.
Le 30 mai nous mettons en route pour l'île d'Ilovik distante d'une dizaine de milles. De très nombreuses bouées sont placées devant le village et le long de l'île qui lui fait face.
Petite ballade à terre mais
je ressens de grandes difficultés respiratoires signe que la bronchite que je traîne depuis le départ résiste à tous les traitements. Nous prenons donc la décisions de retourner à Mali Losinj
afin d'y trouver un médecin. De retour à 19:00 heures, le personnel du port m'indique que le service d'urgence de l'hôpital local reçoit 24/24. Je tente ma chance et suis surpris d'y trouver une
jeune praticienne parlant parfaitement l'anglais. La soirée se termine par une séance de spray de Ventoline et j'y retournerai le lendemain matin pour compléter le traitement.
Ayant retrouvé une partie de mon souffle, nous remettons le cap le 1er juin vers Ilovik que nous n'avons fait qu'entrevoir. Prise de bouée (120kn/jour), mise à l'eau de l'annexe et de son moteur,
teuf, teuf, nous traversons l'île à pied jusqu'à la baie Parzine et sa plage de sable (plus qu'une curiosité , c'est une rareté en Croatie!) malheureusement recouverte de possidonies séchées et
de détritus.
Notre halte suivante sera Olib alors que nous pensions aller à Silba. Mais l'orientation du vent nous a fait changer d'avis et comme nous n'avions pas d'avis bien formé...
Il n'y a pas grand chose à dire d'Olib. C'est très calme et modeste hormis quelques belles maisons, présence des émigrés partis faire fortune aux USA et revenus couler une vieillesse
tranquille au pays.
A peine amarrés au petit quai qui peut accueillir cinq ou six bateaux de passage, nous sommes hélés en français par « Madame Mireille » qui tient le restaurant « Amfora » sur
le port. Mariée à un croate il y a quarante ans, elle est venue s'installer sur ce petit confetti maritime afin d'y établir son commerce, bien qu'elle vive aussi à Zadar. Mireille nous fait
goûter un de ses vins et nous y retournons le soir pour dîner. Nous serons rassasiés d'un potage « comme faisait sa maman à Argenteuil », d'agneau grillé et d'une belle salade tout en
fraîcheur. N'ayant plus de place que pour une slivovich digestive, nous rentrons à bord repus à souhait (488kn pour deux).
Le gag est que Mireille n'avait pas encore reçu son terminal de paiement par carte bancaire et que nous n'avions plus assez de liquide...Nous complétâmes par un chèque encaissable lors du
voyage annuel de Mireille en France!
Parmi les problèmes d'approvisionnement des petites îles croates, figure celui de l'argent frais. Les cartes sont rarement acceptées et il n'y a ni banques ni de distributeurs de billets!
Situation qui peut tourner au cauchemar si l'on y prend garde. Nous sommes donc obligés de revenir un peu en arrière , à l'île de Pag (célèbre pour son fromage, le meilleur de Croatie paraît-il),
où la ville de Novalja, station balnéaire, devrait nous offrir les moyens de notre (modeste) train-de-vie. Ce qui fût fait. A noter que ce port n'est pas bien abrité mais qu'une nouvelle marina
se construit au nord-ouest de la baie. Nous y trouvons une bouée et personne ne viendra prélever sa dîme. Il n'y a qu'une supérette dans la ville mais de nombreux distributeurs! Est-ce à cause de
la présence d'un casino?
Mais revenons à notre fin de soirée passée à l'Amfora. Nous étions amarrés, sur ce minuscule quai d'Olib, à côté d'un voilier loué par quatre sympathiques allemands avec lesquels
nous allons passer des heures délicieuses. Maria, Wille, Haimo et Claus sont des musiciens dans l'âme et ils nous font l'honneur de notre bord accompagnés d'une guitare et de partitions. Ils nous
donneront un brillant concert de variétés auquel nous joignons quelquefois bien timidement nos voix! Claus est professeur de musique et facteur de la superbe guitare qu'il joue. Bravo à eux
quatre pour leurs talents et leur spontanéité!
4 juin. En route pour l'île Ist, par temps couvert, avec petite pluie intermittente. Mouillage dans le port. Toute la nuit des rafales de vent font s'agiter le bateau comme un flagelle et faire
grincer la chaîne sur l'étrave. Trois petites épiceries aux étals maigrichons, deux restaurants ouverts, il n'y a pas quoi de manger gras sur cette île dont le petit bourg est avenant. Il y a
deux douches et des toilettes dans le petit bâtiment « turism » sur le port.
La matinée qui suit sera celle d'un grand ménage du ciel qui se défait progressivement de ses oripeaux grisâtres et repeint tout en bleu lumineux. Le baromètre accueille favorablement le fait par
une érection immédiate! Nous chargeons le GPS des coordonnées de Brgulje sur l'île Molat. 11 milles plus tard, par grand beau temps, nous nous amarrons à une bouée dans une eau cristallines et
des fonds d'émeraude. Superbe! Le temps de déjeuner, souhaitant découvrir le site de Veli Rat sur l'île Dugi Otok, nous parcourons la faible distance sous génois seul. Nous pénétrons dans les
méandres d'accès jusqu'à Cuna, la baie fermée de toutes parts, à laquelle on accède par un étroit passage balisé par deux paires de perches rouges et vertes. La carte et le guide Magnamare
indiquent 2 mètres d'eau. Notre sondeur nous en a donné trois! Dragage récent?
Des bouées (gratuites) nous accueillent pour une soirée et une nuit confortables. Un tour en annexe jusqu'au bourg de Veli Rat, sans intérêt, puis sur le rive nord à partir de laquelle nous
tentons de gagner à pied le petit port de Soline. Mais la distance est importante et la chaleur faisant, nous rebroussons chemin. L'épicerie (market) de Verunic est la plus maigrement achalandée
rencontrée jusque là.
La marina de Veli Rat, pleine de bateaux allemands, n'a aucun charme et doit être exposée par Bora.
Nous allons maintenant longer la longue île Dugi Otok sur son flanc est, jusqu'aux Kornati.
Naviguer au milieu des ces îles verdoyantes est un enchantement. La nature omniprésente est magnifique. Maquis, pins, vergers d'oliviers tapissent les îles qui se reflètent dans le bleu sombre de
la mer. Quel contraste avec notre parcours en sens inverse l'an passé où nous avions surtout visité les grandes villes historiques. Nous découvrons une autre Croatie pleine de charme, rurale et
encore peu bousculée par le tourisme. Il y a peu de bateaux de location, on trouve facilement des places dans les ports. Quel plaisir de naviguer ainsi!
6 juin. Bozava. Décor de théâtre en arrivant dans ce havre minuscule où une dizaine de bateaux peuvent s'amarrer derrière le mole intérieur (plus d'autres pendilles sur le quai extérieur).
Dommage qu'un hideux hôtel moderne sur la rive gauche gâche le site. Accueil très agréable de la personne du port qui parle le français (212,50kn, pas de sanitaire, mais eau et
électricité). Deux épiceries sur le port, pas de viande ni de poisson, peu de produits frais. Médecin sur le port de 13:30-19-00. Pas de banque, ni de distributeur de billets. Une poste.
Jolie promenade sous les pins de la pointe fermant le port à l'est.
Nous avons très bien dîné au restaurant Oleandar. Salade de poulpe maison, jambon de Dalmatie parfumé, excellente friture de poissons variés, risotto de fruits de mer goûteuse à souhait. Seul
bémol pour le dessert, il n'y a que des crêpes.(323kn pour deux, vin blanc local compris).
L'eau du quai de Bozava est qualifiée de potable. Nous faisons donc le plein.
7 juin. Avouez que nous prenons les choses avec facilité: notre étape suivante n'est qu'à 5 milles: Brbinj (prononcez beurre-binne-je). Deux baies s'offrent à nous: Lucina, vaste au nord, une
petite au sud: Bok. Optons pour la grande où de très nombreuses bouées sont disponibles. L'oncle Picsou local, grand collecteur des taxes de stationnement, ne manque pas d'arriver dès qu'un
bateau pointe sont étrave, sort son carnet à souche et vous en colle pour 14kn du mètre linéaire. C'est bien cher pour le service rendu. Même tarif dans l'autre baie où l'on s'amarre sur les
bouées avec un bout sur l'avant puis on se hale sur le bout reliant la bouée à un point du rivage. Les bateaux sont ainsi serrés comme des harengs en caque et il n'y a pas de problème d'évitage.
A vrai dire la plus jolie est Bok, mais Lucina ne manque pas de charme avec sa végétation méditerranéenne qui tapisse les collines tout autour. Il fait toujours beau mais une petite brise de sud
rafraîchit l'atmosphère dans la soirée. Nous relevons la capote comme d'autres leur col et, sous l'abri du bimini, nous voici parés pour la nuit qui sera très calme.
8 juin. Ciel un peu plus laiteux et grand beau temps calme nous accompagnent jusqu'à Sali, capitale de l'île Dugi Otok. Ce n'est pas une jolie escale mais elle dispose d'une poste, d'un
super-marché bien approvisionné, d'un boucher et d'un distributeur de billets. Ceci compense cela. L'escale durera deux jours, le temps d'aller consulter le médecin local car la toux du skipper
ne s'arrange pas.
Bonne surprise, il y a douches et toilettes convenables à côté des bateaux. En revanche pas de carburant mais la station la plus proche est à Zaglav, deux milles au nord.
Tarif: 320kn ou 45 €/jour, eau, électricité et sanitaires compris. Pas de WiFi sur le port. Pas de pharmacie non plus, ce qui nous fera faire un aller-retour en un ferry express jusqu'à Zadar (en
1h15, départ 11h15, retour 16h00).
10 juin. Nous abordons maintenant l'extrémité SE de la longue l'île Dugi Otok: Là commence le parc naturel de Telascica, puis l'archipel pelé de Kornati.
Nous pénétrons donc dans le parc et le parcourons dans sa totalité. Confessons que nous lui accordons plus d'originalité que de beauté. La plupart des îles ou des rivages deviennent minéraux et
nous regrettons un peu les rives plus verdoyantes de Dugi Otok. Toutefois, le mouillage sur bouées dans la baie Mir a, lui, cet aspect luxuriant et nous y passerons la nuit.
Les gardes du parc viennent en zodiac prélever le droit d'accès, soit 60kn/personne, bouée comprise.
Nous allons à terre découvrir le « lac Salé » et, surtout les magnifiques falaises qui ourlent la côte vers le large.
11 juin. Il a fallu prendre une décision radicale devant l'absence de résultat des différents traitements contre la « bronchite » du capitaine. Voilà trois mois que cette situation ne
fait que s'aggraver; il est grand temps de passer au braquet supérieur. En l'espèce, ceci veut dire retour à Paris. Nous décidons donc de rejoindre la Marina Dalmacija, près de Zadar, afin de
prendre un vol pour la France. Nous ferons une dernière escale sur l'île d'Ugljan, marina de Sutomiscica (53euros) pour rejoindre, en un saut de puce, le continent le lendemain matin.
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A bientôt pour la suite des aventures...